Contrat d'apprentissage ou de professionnalisation : toutes les différences

Mis à jour le 28 octobre 2026

Apprentissage et professionnalisation sont les deux contrats de l'alternance. Dans les deux cas, tu es salarié, tu touches un salaire et tu partages ton temps entre l'entreprise et un organisme de formation. Pourtant, ils ne visent pas le même public, ne paient pas de la même façon et ne se rompent pas selon les mêmes règles.

Ce guide compare les deux contrats point par point, avec les règles en vigueur au 28 octobre 2026 : qui peut signer quoi, combien tu seras payé, combien de temps tu passeras en formation, comment se passe la période d'essai et ce que chaque contrat rapporte à l'employeur. De quoi choisir en connaissance de cause, ou comprendre ce que ton école te propose.

Apprentissage et professionnalisation, critère par critère

  • Ce que tu prépares : apprentissage, un diplôme ou un titre professionnel ; professionnalisation, une certification inscrite au RNCP, un CQP ou une qualification reconnue par une convention collective
  • Âge : apprentissage, de 16 à 29 ans révolus, avec des exceptions ; professionnalisation, de 16 à 25 ans révolus, ou 26 ans et plus si tu es demandeur d'emploi ou bénéficiaire de certains minima sociaux
  • Employeur : apprentissage, secteur privé et secteur public ; professionnalisation, secteur privé, et seulement les EPIC côté public
  • Contrat : apprentissage, durée limitée ou CDI ; professionnalisation, CDD ou CDI
  • Durée : apprentissage, de 6 mois à 3 ans ; professionnalisation, de 6 à 12 mois, jusqu'à 24 ou 36 mois dans certains cas
  • Formation : apprentissage, au moins 25 % du temps en CFA ; professionnalisation, de 15 à 25 % de la durée, et au moins 150 heures
  • Salaire minimum : apprentissage, de 27 % à 100 % du SMIC selon l'âge et l'année ; professionnalisation, de 55 % à 100 % du SMIC selon l'âge et le niveau
  • Cotisations salariales : apprentissage, exonérées jusqu'à 50 % du SMIC ; professionnalisation, pas d'exonération propre au salarié
  • Début du contrat : apprentissage, rupture libre pendant les 45 premiers jours en entreprise ; professionnalisation, période d'essai si le contrat la prévoit
  • Rupture : apprentissage, règles propres avec médiateur ; professionnalisation, règles du CDD ou du CDI
  • Aide à l'employeur en 2026 : apprentissage, de 750 € à 6 000 € ; professionnalisation, aides de France Travail pour les demandeurs d'emploi de 26 ans et plus

1. Deux contrats d'alternance, deux logiques

Le contrat d'apprentissage

Le contrat d'apprentissage sert à obtenir un diplôme ou un titre professionnel, par exemple un CAP, un BTS, une licence ou un master. La formation se fait dans un centre de formation d'apprentis (CFA), et un maître d'apprentissage t'accompagne dans l'entreprise. C'est aussi le seul des deux contrats que peuvent signer les administrations et les collectivités.

Le contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation vise une qualification reconnue par les entreprises : une certification inscrite au RNCP, un certificat de qualification professionnelle (CQP) ou une qualification prévue par une convention collective. Un tuteur te suit dans l'entreprise. Il s'adresse aux jeunes jusqu'à 25 ans, mais aussi aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus et aux bénéficiaires de certains minima sociaux (RSA, ASS, AAH).

Ce qu'ils ont en commun

  • Tu es salarié, avec un contrat de travail, un salaire et des congés payés
  • Ta formation est financée par l'opérateur de compétences (OPCO) de l'entreprise
  • Ton temps de formation fait partie de ton temps de travail
  • Tu ne comptes pas dans l'effectif de l'entreprise pendant ton contrat, ou pendant ta période de professionnalisation si tu es en CDI (sauf pour la tarification des accidents du travail)

2. Qui peut signer quel contrat

L'âge pour un contrat d'apprentissage

Il faut avoir entre 16 et 29 ans révolus au début du contrat, soit au plus 30 ans moins un jour. Un jeune de 15 ans peut signer s'il a terminé la 3e.

  • Jusqu'à 35 ans révolus : pour un nouveau contrat qui vise un diplôme supérieur au précédent, après une rupture indépendante de ta volonté ou après une inaptitude physique temporaire, à condition qu'il ne se soit pas écoulé plus d'un an entre les deux contrats
  • Sans limite d'âge : si tu es reconnu travailleur handicapé, si tu es sportif de haut niveau, ou si ton projet de création ou de reprise d'entreprise dépend du diplôme

Le public du contrat de professionnalisation

  • Jeunes de 16 à 25 ans révolus qui veulent compléter leur formation initiale
  • Demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, sans limite d'âge
  • Bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH, et personnes sortant d'un contrat unique d'insertion

Qui peut t'embaucher

Tout employeur privé peut signer l'un ou l'autre contrat, quel que soit son secteur. Côté public, la différence est nette : l'État, les collectivités et les hôpitaux peuvent recruter des apprentis, mais pas en contrat de professionnalisation. Seuls les établissements publics industriels et commerciaux (EPIC) y ont accès. Si tu vises une mairie ou un ministère, c'est donc l'apprentissage.

3. Salaire, durée et formation : les vrais écarts

Le salaire

En apprentissage, ton minimum dépend de ton âge et de l'année de ton contrat, de 27 % à 100 % du SMIC. En contrat de professionnalisation, il dépend de ton âge et de ton niveau de qualification, sans progression d'une année sur l'autre : 55 % du SMIC avant 21 ans (65 % avec au moins un bac pro ou équivalent), 70 % de 21 à 25 ans (80 % avec au moins un bac pro ou équivalent), puis au moins le SMIC et au moins 85 % du minimum conventionnel à partir de 26 ans.

Exemple sur le SMIC du 1er juin 2026 (1 867,02 € brut par mois) : à 19 ans en 1re année, un apprenti touche au moins 803 € brut par mois, contre 1 027 € en contrat de professionnalisation, ou 1 214 € s'il a un bac pro. Mais l'apprenti ne paie ni cotisations salariales ni CSG-CRDS sur la part de son salaire qui ne dépasse pas 50 % du SMIC (contrats signés depuis le 1er mars 2025). L'écart en net est donc plus faible qu'en brut.

La durée du contrat

Un contrat d'apprentissage dure de 6 mois à 3 ans, en général la durée du cycle de formation. Elle peut être portée à 4 ans pour un travailleur handicapé ou un sportif de haut niveau, et adaptée à ton niveau par une convention entre toi, l'entreprise et le CFA.

Un contrat de professionnalisation est plus court : de 6 à 12 mois pour un CDD, ou pour l'action de professionnalisation au début d'un CDI. Un accord de branche peut porter cette durée à 24 mois, et elle peut aller jusqu'à 36 mois pour certains publics : les jeunes sans qualification, les demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an et les bénéficiaires de certains minima sociaux.

Le temps de formation

En apprentissage, la formation au CFA représente au moins 25 % de la durée totale du contrat, et elle doit commencer au plus tard 3 mois après le début du contrat. En contrat de professionnalisation, elle représente entre 15 et 25 % de la durée d'un CDD, sans descendre sous 150 heures, et les premières actions d'évaluation et d'accompagnement commencent dans les 2 mois qui suivent la signature. Un accord de branche peut prévoir davantage pour certains publics.

4. Période d'essai, rupture et fin de contrat

En apprentissage : les 45 premiers jours, puis des règles propres

Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, consécutifs ou non, toi comme ton employeur pouvez rompre le contrat par écrit, sans motif. Ensuite, la rupture n'est possible que dans des cas précis.

  • D'un commun accord : par un écrit signé des deux parties
  • À ton initiative : tu saisis d'abord le médiateur de l'apprentissage, tu préviens ton employeur au moins 5 jours calendaires plus tard, et la rupture intervient au plus tôt 7 jours calendaires après
  • Si tu obtiens ton diplôme avant la fin : tu préviens ton employeur par écrit au moins un mois à l'avance
  • À l'initiative de l'employeur : uniquement pour un motif prévu par la loi, comme une faute grave, une inaptitude, un cas de force majeure ou ton exclusion définitive du CFA, selon la procédure de licenciement

En professionnalisation : les règles du CDD ou du CDI

Le contrat peut prévoir une période d'essai. En CDD, elle est au plus d'un jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines pour un contrat de 6 mois ou moins et d'un mois au-delà. Après l'essai, un CDD ne peut être rompu avant son terme que d'un commun accord, pour faute grave, force majeure, inaptitude constatée par le médecin du travail, ou si tu justifies d'une embauche en CDI ailleurs, avec un préavis d'un jour par semaine, dans la limite de 2 semaines.

En CDI, ce sont les règles de rupture du CDI qui s'appliquent, que la rupture vienne de toi ou de ton employeur.

À la fin du contrat

Un CDD de professionnalisation ne donne pas droit à l'indemnité de fin de contrat (la prime de précarité). Si ton apprentissage est rompu avant la fin, tu peux continuer ta formation théorique au CFA pendant 6 mois avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle, le temps de retrouver un employeur.

5. Financement, aides et choix du bon contrat

Qui paie la formation

Dans les deux cas, c'est l'OPCO de l'entreprise qui finance la formation, selon des niveaux de prise en charge fixés par les branches professionnelles. En apprentissage, aucune somme ne peut t'être demandée pour la signature, le dépôt ou la rupture de ton contrat. En contrat de professionnalisation, la formation est gratuite pour toi.

Une nuance côté entreprise : pour un contrat d'apprentissage signé depuis le 1er juillet 2025 qui prépare un diplôme de niveau bac+3 ou plus, l'employeur verse une participation forfaitaire de 750 €.

Ce que chaque contrat rapporte à l'employeur

Pour un contrat qui commence en 2026, l'embauche d'un apprenti ouvre droit à une aide de l'État pour la première année : de 750 € à 5 000 € selon la taille de l'entreprise et le niveau du diplôme, et jusqu'à 6 000 € si tu es reconnu travailleur handicapé. Pour le contrat de professionnalisation, l'aide de l'État aux moins de 30 ans n'existe plus pour les contrats signés après le 30 avril 2024 ; il reste des aides de France Travail pour l'embauche de demandeurs d'emploi de 26 ans et plus.

Comment choisir

  • Tu as 26 à 29 ans et tu n'es ni demandeur d'emploi ni bénéficiaire du RSA, de l'ASS ou de l'AAH : seul l'apprentissage t'est ouvert
  • Tu as 30 ans ou plus et tu n'entres dans aucune exception de l'apprentissage : il te reste le contrat de professionnalisation, si tu es demandeur d'emploi ou bénéficiaire d'un de ces minima sociaux
  • Tu vises le secteur public : seul l'apprentissage est possible, sauf dans un EPIC
  • Ta formation prépare un CQP ou une qualification reconnue par une convention collective, sans diplôme ni titre inscrit au RNCP : c'est le contrat de professionnalisation
  • Ton école propose les deux : compare les nets, la durée et le rythme, et garde en tête que l'aide de l'État à l'employeur peut peser dans la négociation

Checklist finale

  • Tu sais quel contrat ton école ou ton organisme de formation propose pour ta formation
  • Ton âge te permet de signer ce contrat, ou tu entres dans une exception
  • Ton futur employeur peut signer ce type de contrat (public ou privé)
  • Tu as comparé le salaire minimum des deux contrats, en brut et en net
  • Tu connais la durée de ton contrat et la part de formation prévue
  • Tu sais comment se passent les 45 premiers jours ou la période d'essai
  • Tu as lu ton contrat avant de le signer, notamment la date de début et le rythme d'alternance
  • Tu sais quelle aide l'entreprise peut toucher en t'embauchant, pour en parler avec elle

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un contrat d'apprentissage et un contrat de professionnalisation ?⌄

L'apprentissage prépare un diplôme ou un titre professionnel, jusqu'à 29 ans révolus en principe, avec un salaire qui progresse chaque année. Le contrat de professionnalisation vise une qualification reconnue par les entreprises (RNCP, CQP, convention collective), s'adresse aux 16 à 25 ans et aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, et dure en général de 6 à 12 mois.

Quel contrat est le mieux payé ?⌄

En brut, le contrat de professionnalisation garantit souvent un minimum plus élevé : 55 % du SMIC avant 21 ans, contre 27 % à 67 % en apprentissage selon l'âge et l'année. Mais l'apprenti est exonéré de cotisations salariales et de CSG-CRDS jusqu'à 50 % du SMIC, ce qui réduit l'écart en net. Compare toujours les deux bulletins.

Peut-on faire un contrat de professionnalisation après 26 ans ?⌄

Oui, si tu es demandeur d'emploi, sans limite d'âge. Tu es alors payé au moins le SMIC, et au moins 85 % du minimum de la convention collective.

Peut-on faire un contrat d'apprentissage après 30 ans ?⌄

Oui dans certains cas : jusqu'à 35 ans révolus pour un nouveau contrat menant à un diplôme supérieur, après une rupture indépendante de ta volonté ou après une inaptitude physique temporaire (avec moins d'un an entre les deux contrats), et sans limite d'âge si tu es reconnu travailleur handicapé, sportif de haut niveau ou si tu crées ou reprends une entreprise qui exige le diplôme.

Y a-t-il une période d'essai en apprentissage ?⌄

Pas sous ce nom, mais les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, consécutifs ou non, jouent ce rôle : chacun peut rompre le contrat par écrit, sans motif. Après, la rupture suit des règles précises.

Peut-on démissionner d'un contrat d'apprentissage ?⌄

Oui, après les 45 premiers jours, mais pas du jour au lendemain : tu dois d'abord saisir le médiateur de l'apprentissage, prévenir ton employeur au moins 5 jours calendaires plus tard, et la rupture ne peut intervenir que 7 jours calendaires au plus tôt après.

Une administration peut-elle signer un contrat de professionnalisation ?⌄

Non. Les employeurs publics ne peuvent pas signer de contrat de professionnalisation, à l'exception des EPIC. Ils peuvent en revanche recruter des apprentis.

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